Retour de mission en RDC

2016 10 26 projet risk itw

 

A l’heure actuelle, la situation en République Démocratique du Congo s’avère inquiétante en raison de l’instabilité politique et sociale et d’un climat d’insécurité généralisée, en particulier dans les régions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les populations civiles de ces provinces situées à l’Est de la RDC sont victimes de violences perpétuelles et vivent sous la menace de différents groupes armés rebelles que les forces armées régulières ne parviennent pas à endiguer. Dans ce contexte, les défenseurs des droits humains ont un rôle primordial et dénoncent les violations des droits de l’Homme perpétrées à l’encontre de la population.

Notre chargé de projets Faouzi Boujnaih s’est rendu sur place en octobre 2016 dans le cadre de la mise en œuvre du projet RISK (Renforcer les Initiatives pour Secourir les défenseurs des Kivu), initié en mai 2016 avec le soutien du Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas. Il nous raconte sa mission.

 

Dans quel contexte cette mission s’est-elle déroulée ?

Ce premier déplacement en République Démocratique du Congo visait à rencontrer nos partenaires locaux et à s’accorder sur des méthodes de travail leur permettant de poursuivre leurs activités en faveur de la défense des droits fondamentaux. Grâce aux actions combinées d’AEDH et de trois organisations en RDC, nous avons pour ambition de garantir la sécurité des défenseurs des droits de l’Homme dans cette région sensible et de soutenir l’instauration d’un Etat de droit à long terme.

Pouvez-vous nous présenter les partenaires avec lesquelles AEDH collabore sur place ?

Nous travaillons sur ce projet avec trois organisations :

SUWE : Synergie Ukingo Wetu rassemble huit organisations de défense des droits de l’Homme dans le Nord-Kivu. Cette coalition a pour but de protéger les défenseurs des droits et collabore avec les antennes présentes sur la province afin d’enquêter sur les cas d’alertes et élaborer des stratégies de protection. La SUWE participe également à l’amélioration des méthodes de travail d’organisations locales de défense des droits de l’Homme.

SOS IJM : SOS Information Juridique Multi-Sectorielle agit en faveur de la promotion des droits humains et des libertés fondamentales. L’organisation s’attache à défendre les droits en milieu rural et est impliquée dans plusieurs domaines d’action : assistance judiciaire, formation aux droits, résolution de conflits, observation de procès, protection de l’enfance en zone de conflit et sécurité des défenseurs des droits de l’Homme.

ARAL : L’association Arche d’Alliance a une mission d’observation et d’enquête sur la situation des droits de l’Homme dans les Kivu. Les informations collectées permettent par la suite de dénoncer les violations et atteintes aux droits fondamentaux. Des sessions de formations sont également organisées à l’intention de la jeunesse.

Quels étaient les objectifs de cette mission ? Ont-ils été atteints?

Deux objectifs principaux ont été atteints :

  • Apporter des outils méthodologiques pour renforcer les capacités des organisations partenaires en matière de sécurité et de protection des défenseurs des droits humains.
  • La dispense de formation en soutien psychologique par des intervenants de l’organisation APEC (Action Psycho-socio-Educative en faveur des enfants et des adultes en Conflit avec la loi). Il est indispensable pour les personnes œuvrant au sein de ces associations d’être en mesure de repérer les individus souffrant de trouble de stress post-traumatique afin de les rediriger vers des organisations spécialisées. D’un autre côté, ces interventions permettent de donner des clés en gestion du stress à nos partenaires, régulièrement confrontés à des situations éprouvantes.

Avez-vous rencontré des difficultés notoires ?

Dans l’ensemble, la mission s’est déroulée comme prévu. Certes, la quantité de travail s’est avérée très importante et le planning très chargé mais nous avons réussi à atteindre les objectifs principaux dans les temps.

Quelle est la prochaine étape du projet RISK ?

Nous avons pour but d’établir un cadre de travail unique en implémentant des méthodes de travail communes mais aussi en développant des activités afin de favoriser la collaboration et l’échange entre les différents acteurs mobilisés, avec pour résultat ultime de garantir la sécurité des défenseurs dans les Kivu.

 

Consultez notre page consacrée au projet RISK pour des informations supplémentaires.

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