Améliorer les conditions de travail des entreprises minières et implantées en zone franche

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Depuis plus de dix ans, SADD œuvre pour la promotion et la défense des droits des travailleurs des multinationales installées en zone franche et depuis six ans en faveur de ceux des entreprises minières. L’organisation souhaite ainsi améliorer leurs conditions de vie et de travail et favoriser le développement des populations résidant dans les zones d’implantation de ces entreprises. L’action de SADD bénéficie du soutien d’AEDH et de la Fondation pour les Droits Humains.

La situation des travailleurs, hommes ou femmes majoritairement jeunes, employés par les entreprises d’extraction minière ou implantées en zone franche n’est guère reluisante. La plupart d’entre eux, privée de sécurité sociale, est confrontée à des conditions précaires d’hygiène, de sécurité et de santé au travail. En 2013, la société d’administration de la zone franche indiquait que 55% des 13 500 personnes employées par des entreprises implantées dans cette zone n’étaient pas déclarées. En outre, nombre d’employeurs ayant déclaré des salariés, ne s’acquittent pas des cotisations sociales. Pendant vingt ans, le droit relatif à la liberté syndicale a été refusé au personnel de ces entreprises, dont les revendications sont pourtant légitimes devant les nombreux cas de licenciements collectifs abusifs, les accidents de travail récurrents, la précarité des emplois…

Dans les zones d’extraction minière, les populations locales subissent également le joug d’investisseurs puissants et désinvoltes. Les effets néfastes d’une exploitation sauvage des ressources se font durement ressentir au niveau social, sanitaire et environnemental. Les exemples sont malheureusement nombreux, qu’ils s’agissent d’habitations détériorées par les explosifs utilisés par les mines, ou du cas emblématique du village de Kini Kondji. Les habitants de cette localité, située à 90 kilomètres au Sud Est de Lomé, se sont vus confisquer, avec le silence complice des autorités togolaises, plus de 200 hectares de terres arables au profit d’une entreprise minière. Ne pouvant plus cultiver, confrontés à une pollution des sols causée par l’exploitation, ils sont aujourd’hui réduits à la mendicité.

La gestion peu transparente des ressources minières ainsi que le non-respect de la législation nationale comme internationale en matière de droits des populations et de responsabilité sociale des entreprises ont d’ailleurs été rappelé par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies qui exprimait, dès juin 2011, sa préoccupation sur le fait "qu’une législation nationale et une mise en œuvre défaillante ne permettent pas d’atténuer efficacement les incidences négatives de la mondialisation ni de tirer le meilleur parti possible des retombées bénéfiques des activités des sociétés transnationales et autres entreprises." Confrontée à ces situations alarmantes, SADD se mobilise autour de plusieurs actions visant à défendre les droits des salariés et à leur assurer une couverture sociale. L’organisation s’implique dans des activités de sensibilisation des employés des petits et grands groupes pour leur permettre de prendre conscience des injustices sociales graves dont ils sont victimes et les inciter à s’engager pour une transformation sociale.

En parallèle, elle entend former sur les notions de droit du travail ou de protection sociale des leaders d’opinion, des responsables locaux (chefs traditionnels, responsables de comités villageois ou de quartier), des délégués syndicaux, représentants du personnel ou encore inspecteurs du travail. Enfin, SADD effectue un recensement permanent des atteintes et violations de droits commises par les entreprises minières ou implantées en zone franche. Les résultats de cette veille permettent, par la suite, de réaliser un plaidoyer auprès des autorités pour la revalorisation juridique et sociale de ces secteurs vulnérables. Au travers de cet engagement, SADD prône une généralisation du concept de responsabilité sociétale des entreprises, qui défend les principes de redevabilité des acteurs économiques, de transparence, d’éthique, de reconnaissance de l’intérêt des parties prenantes, de respect des normes internationales et de respect des droits de l’Homme.

Les interventions futures de SADD permettront un tant soit peu de venir à bout de ces injustices sociales graves qui minent ces secteurs vulnérables au Togo.

Yves Dossou

 

 

 

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