La lutte pour les droits des femmes en Afrique Centrale passe par le renforcement de leur leadership

Fortes discriminations et violences continuent à affliger la vie de femmes en Afrique Centrale. Au Gabon par exemple il n’existe aucune loi spécifique pour réprimer les violences basées sur le genre, dont les violences sexuelles. Les violences contre les femmes sont le plus souvent d’origine familiale et restent très taboues dans la société gabonaise. Les femmes du Congo et du Cameroun subissent des discriminations et des violences similaires. Tout cela se passe malgré le fait que ces trois pays aient ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) des Nations Unies.

Pour réduire les discriminations et promouvoir les droits des femmes, AEDH a décidé d’apporter son soutien à trois associations féminines au Congo, au Gabon et au Cameroun : l’organisation syndicale USC, Femme lève-toi et le Women’s Counselling and Information Center (WCIC).

Elles constituent des espaces démocratiques de revendication des droits fondamentaux, elles sensibilisent les sociétés civiles locales afin d’effacer les stéréotypes liés au genre et elles aident d’un point de vue juridique et social les femmes les plus vulnérables.

« Renforcer le leadership féminin pour combattre les discriminations contre les femmes en   Afrique Centrale » est un programme ambitieux, d’une durée de deux ans, qui vise d’un côté à consolider les capacités de ces organisations et rendre leurs actions pérennes et de l’autre côté sollicite les Etats concernés à appliquer les normes régionales et internationales relatives aux droits des femmes.

L’organisation syndicale congolaise USC se focalise notamment sur la défense des droits des femmes qui travaillent comme domestiques dans les familles à revenus moyens ou supérieurs et qui subissent de nombreux types d’abus : exploitation économique, travail non déclaré voire non rémunéré, absence de protection sociale, violences physiques et sexuelles.

Au Gabon, Femme lève-toi aide les femmes victimes de violences à devenir autonomes et mène des actions de sensibilisation des acteurs clés de la communauté sur le respect des droits des femmes.

Au Cameroun le Women’s Counselling and Information Center (WCIC) fournit un accompagnement juridique aux femmes. Les avocates bénévoles plaident pour la modification des textes de loi discriminatoires envers les femmes. L’association est à l’origine de la création du réseau national des organisations féminines camerounaises pour la promotion et la protection des droits des femmes.

AEDH les soutiendra en mettant à leur disposition des formations en assistance juridique et monitoring des violations des droits, en déployant une stratégie de plaidoyer auprès des autorités publiques, en favorisant les échanges entre les trois associations afin de faire émerger des femmes leaders. Ces dernières seront accompagnées dans le travail d’animation de ce réseau régional.

Le projet fournit aussi une assistance juridique et sociale aux femmes victimes de violations des droits fondamentaux et forme des acteurs-clés de la communauté, y compris les hommes, sur les discriminations basées sur le genre.

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