La protection des peuples autochtones, un défi pour COSADER

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Depuis les années 1990, l’augmentation de la production industrielle de bois a complexifié la gestion des forêts, favorisant le braconnage, l’exploitation illégale et les problèmes écologiques. Les premières victimes sont les populations pygmées telles que les Baka ou les Bakola.

Ces chasseurs-cueilleurs vivant dans les forêts du Sud-Est du pays voient leur mode de vie remis en cause. Discriminés, ils subissent de nombreuses pressions de la part des industriels pour l’exploitation de leurs terres, parfois même l’accaparement illégal de celles-ci. Ils sont marginalisés et forcés à se sédentariser et leur accès aux ressources naturelles (nourriture et plantes médicinales) est limité.

Les peuples autochtones ne voient leurs droits que très peu protégés par la loi camerounaise. La Constitution de 1996 dispose que l’Etat doit préserver les droits des populations autochtones et ce, conformément à ses engagements internationaux. Toutefois, les instruments juridiques internationaux ne définissent pas la notion de « peuple autochtone ». Dans un arrêt de 2017, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) indique que le statut de peuple autochtone est conditionné à la reconnaissance étatique. Or le Cameroun ne reconnait pas leur existence sur son territoire.

Les Baka ne pouvant pas bénéficier d'une protection étatique, ce sont les associations locales qui leur viennent en aide. Le Collectif des ONG pour la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural du Cameroun (COSADER), partenaire d’AEDH dans le projet DEFI 2, œuvre pour l’amélioration des conditions de vie des populations rurales.
Celui-ci met en place des activités pour favoriser l’implication du peuple Baka dans la gestion des aires forestières et leur permettre un meilleur accès aux ressources naturelles. Des accords ont été signés fin mars 2019 entre les communautés autochtones et la commune de Ndelele (Est du Cameroun) pour garantir l’accès à la terre et aux ressources naturelles aux peuples Baka et Kako. Un dialogue avec les chefferies traditionnelles et les populations locales est également mis en place afin de valoriser la culture pygmée et plus particulièrement leur connaissance de la forêt afin de réduire la discrimination.     

Cyrielle Tabouillot

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