Congo : Plaidoyer pour les droits des peuples autochtones

 

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Dans le cadre du projet « Promouvoir les droits des peuples autochtones » mené au Congo par l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) en partenariat avec AEDH, une formation en stratégie et action de plaidoyer s’est tenue du 6 au 11 août 2018 à Brazzaville. Elle a réunit douze représentants de deux associations : l’ALSPCO (Association des Luttes contre le Sida et le Paludisme – Cuvette Ouest) et le FGDH (Forum pour la Gouvernance et les Droits de l’Homme). La formation visait à renforcer les capacités en plaidoyer de ces deux organisations qui défendent les droits des Peuples Autochtones (PA). Ebenezer Agordome, consultant pour la Société Gaïa Développement, revient sur le déroulement de la formation.

AEDH : En quoi la formation en plaidoyer va-t-elle aider les associations dans leur travail quotidien de protection des droits des PA ?

Ebénézer Agordome : La formation vise à permettre aux participants de deux Organisations de Défense des Droits Humains (ODDH) de la République du Congo de disposer des compétences de base sur les techniques et outils de plaidoyer ainsi que sur la méthode d’élaboration d’une stratégie de plaidoyer pour la défense des droits des peuples autochtones. En effet, en République du Congo, sept ans après l’adoption et la promulgation de la loi n°5-2011 portant promotion et protection des droits des populations autochtones, leur situation, d’une manière générale, n’a pas évolué. Elles continuent de subir des situations de discrimination, de pauvreté, d’habitat précaire, d’exploitation anarchique de leur cadre de vie etc. Face à cette situation, la mise en place d’une stratégie de plaidoyer s'avère indispensable afin d'amener les autorités à tous les niveaux à se pencher davantage sur leur situation.
Le plaidoyer est un ensemble d’actions cohérentes mené pour convaincre ou influencer les décideurs en vue d’obtenir un changement dans l’intérêt d’une communauté. Il s’adresse non seulement aux décideurs publics et politiques, mais également aux dirigeants du secteur privé dont les décisions peuvent affecter la vie des citoyens. Le plaidoyer est de ce fait une arme efficace d’influence pacifique des politiques publiques et qui peut être déployée aux niveaux local, provincial, national et international.

AEDH : Selon vous, quels sont les outils nécessaires pour mettre en œuvre une stratégie de plaidoyer efficace ?

E.A : Mettre en place une stratégie de plaidoyer nécessite une démarche cohérente et rigoureuse. Elle commence d’abord par l’analyse de la situation problématique qui nécessiterait une démarche de plaidoyer. Les causes immédiates, sous-jacentes et profondes ainsi que les déterminants économiques, politiques, socioculturels du problème doivent être analysés ; les conséquences aussi. Les populations affectées et touchées par le problème doivent être aussi identifiées. Il est également important de déterminer qui peut prendre les décisions nécessaires pour résoudre le problème et de choisir les acteurs qui peuvent l’influencer. Après avoir mis en place ces éléments, il reste à formuler les objectifs du plaidoyer, à concevoir les messages adaptés, à sélectionner les canaux et outils de communication à utiliser, à définir les stratégies d’influence du processus. Il est également indispensable de déterminer les types d’alliance à nouer, ainsi que le budget nécessaire pour réaliser les activités et comment le mobiliser. Enfin, il est capital de mettre en place un plan de suivi-évaluation afin de s’assurer de la bonne marche du processus.

AEDH : En quoi consiste l’accompagnement que vous proposez ?

E.A : A l’issue de la formation, un appui personnalisé in situ est réalisé au profit de chaque ODDH afin de les accompagner dans la conception de leur plan stratégique de plaidoyer. Pendant cette séance, le plan détaillé du document de stratégie de plaidoyer ainsi que la maquette du plan d’action opérationnel sont conçus et validés ensemble. Après la phase terrain, le comité de rédaction de chaque ODDH soumet au formateur le premier jet de son document pour avis et aide sur des questions bien précises. Le document peaufiné est renvoyé au comité pour une première validation et validé également par AEDH.

AEDH : Vous avez également réalisé une formation en plaidoyer dans le cadre du projet DEFI en 2017. Que retenez-vous de la collaboration avec AEDH ?

E.A : En octobre 2017, nous avions été retenus pour former des ODDH du Cameroun et du Gabon sur les stratégies et actions de plaidoyer dans le cadre du projet DEFI. C’était notre première collaboration avec AEDH. Elle a été franche, cordiale et empreinte de professionnalisme. De la sélection à la réalisation en passant par la contractualisation, tout s’est très bien passé. Les termes de la contractualisation ont été respectés par chaque partie, ce qui a rendu la collaboration fluide et fructueuse. De toutes les organisations de solidarité internationale avec lesquels notre cabinet GAIA Développement a eu à collaborer dans le passé, AEDH est l’une des meilleures. Notre souhait est d’établir avec le temps, un partenariat avec AEDH afin d’accompagner sur la durée la formation et la mise en place des stratégies de plaidoyer au profit des ODDH partenaires de l’organisation.

 

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