Le projet RISK : secourir et soutenir les défenseurs des droits humains dans les Kivu

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Depuis mai 2016, notre organisation met en œuvre en République Démocratique du Congo (RDC),  avec trois associations congolaises, le projet RISK : Renforcer les Initiatives pour Secourir les défenseurs dans les Kivu.

A l’Est de la RDC, particulièrement dans les provinces du Nord et du Sud Kivu, se mobiliser pour le respect des droits humains peut s’avérer extrêmement dangereux. Le programme RISK constitue une  déclinaison, dans un périmètre géographique particulier, du mécanisme du Fonds d’urgence pour les défenseurs en danger mis en place par AEDH il y a presque 20 ans.

Au cours de ces deux dernières années, le projet RISK a contribué à secourir une centaine de défenseurs congolais, gravement menacés ou victimes de violences. Il a permis également de mettre en place un système d’alertes précoces sur les menaces visant les défenseurs, de développer des actions de plaidoyer auprès des autorités locales et  de favoriser le partage d’expérience entre les partenaires locaux impliqués dans le projet.

La première phase du projet RISK a pris fin en avril 2018. La nécessité d’assurer le maintien du dispositif parait une évidence : la situation des défenseurs des droits de l’Homme en RDC, et particulièrement dans les Kivu, est extrêmement préoccupante actuellement, en raison notamment du contexte politique et de la période pré-électorale.

Le projet RISK est mis en œuvre avec trois partenaires locaux : la Synergie Ukingo Wetu (SUWE),  l’association SOS Information Juridique Multisectorielle (SOS IJM) et l’association Arche d’Alliance (ARAL). AEDH laisse la parole aux chargés du projet au sein de chacune des organisations partenaires.

Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Nancy Maisha : Je suis avocate et je travaille pour la protection des défenseurs des droits humains au sein de SOS-IJM à Bukavu, dans la province Sud Kivu.

Innocent Lubingo : Je suis chargé du projet RISK au sein de l’organisation ARAL à Uvira, dans la province du Sud Kivu.

Vicar Batundi Hangi : Je suis chargé du projet RISK au sein de la SUWE qui est un regroupement d’associations et  qui constitue le mécanisme local de protection des défenseurs des droits humains au Nord Kivu. Au sein de la SUWE, je représente le FONADH (Forum des Organisations Nationales
Humanitaires et de Développement)

Quel est le contexte dans lequel interviennent les défenseurs des droits de l'Homme en RDC ?

Nancy Maisha : La RDC est confrontée à un contexte politique et social tendu. Les défenseurs doivent intervenir sur de nombreuses situations de violation des droits humains. Ils font eux-mêmes l’objet de menaces en tout genre, de la part des groupes armés mais aussi des autorités, en raison du travail qu’ils effectuent chaque jour sur le terrain. Moi-même, en tant que défenseure des droits humains, je sais qu'il n’est pas facile de dénoncer ce que les autres ont peur de dire, de se mettre en avant, de dire tout haut ce qui ne va pas.

Quel premier bilan faites-vous du projet RISK?

Vicar Batundi Hangi : Nous avons connu d’importants succès dans le cadre de la mise en œuvre du projet. C’est un projet qui permet de sauver la vie de défenseurs mais aussi qui contribue à les soutenir pour continuer leur travail après la période d’assistance.

Innocent Lubingo : Oui, le projet RISK a vraiment apporté un soutien qui a encouragé les défenseurs à poursuivre leur travail sur le terrain. Il a représenté un vrai soulage-
ment pour les défenseurs des Kivu, notamment à cause de la diversité des formes d’aide que nous avons pu mettre enœuvre. Nous avons pu fournir des assistances médicales, juridiques et psychologiques et organiser des relocalisations pour mettre à l’abri les défenseurs menacés.

A titre personnel, pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans le projet RISK?

Innocent Lubingo : Personnellement, j’étais ravi de pouvoir travailler dans ce projet, particulièrement pour apporter une assistance concrète aux personnes engagées pour la défense des droits humains dans les milieux ruraux qui font face à de grandes de difficultés.

Nancy Maisha : J’ai été passionnée par la possibilité de participer à la protection des défenseurs qui sont menacés de toute part en raison du travail dangereux qu’ils effectuent. Il n’est pas aisé de travailler dans le contexte actuel, mais les défenseurs le font et nous le faisons aussi !

Vicar Batundi Hangi : Dans le cadre du projet RISK nous avons développé une synergie et nous espérons pouvoir continuer à travailler ensemble pour la protection des défenseurs. Le projet RISK a été aussi pour nous un moyen d’apprendre de nouvelles choses, de renforcer nos compétences et de développer des complémentarités avec d’autres mécanismes de soutien aux défenseurs. Pour moi, le projet RISK est un « projet-école » ! 

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