Le projet PA avance !

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Dans son rapport d’octobre 2017, l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) révélait la mort d’au moins 52 enfants autochtones dans une concession forestière au Congo. Ces enfants, victimes de la malaria, vivaient dans un village situé dans la concession. La maladie s’est propagée à la suite de la création d’une route par la compagnie en zone marécageuse, causant la prolifération des moustiques. La mission opérée par l’OCDH dans ce village a aussi démontré que les populations autochtones souffrent de problème de santé, notamment de malnutrition. En effet, en raison de l’exploitation de certaines forêts par des tiers, ces populations n’ont plus accès aux ressources que leur offre leur habitat naturel.

Ce même rapport dénonce la situation alarmante des peuples autochtones en République du Congo. Malgré l’existence de la loi portant sur la promotion et la protection des droits des populations autochtones (loi n°05-2011), leur marginalisation perdure. Le rapport a été publié dans le cadre du projet « Promotion des droits des peuples autochtones » lancé en 2017 par l’OCDH, en collaboration avec AEDH. L’OCDH et AEDH visent à assurer la mise en œuvre de la loi n°05-2011, ainsi qu’à lutter contre les discriminations à l’encontre des populations autochtones. Ce projet s’attache plus particulièrement à assurer la défense et la promotion des droits des peuples autochtones, à soutenir le développement d’organisations autochtones ainsi qu’à mobiliser l’opinion publique afin d’encourager les changements de comportements envers ces populations.

Depuis le lancement du projet, les avancées sont manifestes. Quatre missions de recherche ont été organisées par l’OCDH dans les départements où vivent le plus grand nombre de peuples autochtones. C’est dans le cadre de la mission de recherche dans le district de Mbomo que le décès des enfants a été découvert. Une analyse juridique a également été réalisée dans le but de susciter des réformes législatives afin d’intégrer la loi n°05-2011 à la législation congolaise. A la suite du rapport publié, les populations autochtones ont été amenées à produire elles-mêmes un guide spécifique sur le consentement libre et éclairé (CLIP). Ce guide, en cours d’élaboration, permettra aux populations d’interpeller directement les décideurs, car elles sont souvent victimes de l’exploitation forestière et d’accaparement de terres. Le guide sera aussi transmis aux décideurs afin qu’ils intègrent les autochtones aux prises de décision.

En 2017, trois ONG agissant directement auprès des bénéficiaires ont obtenu un soutien financier et technique de la part d’AEDH. Le Forum pour la Gouvernance et les Droits de l’Homme (FGDH) a, par exemple, élaboré des boites à image et des guides de plaidoyer afin de sensibiliser les populations autochtones sur leurs droits. Les populations autochtones peuvent dorénavant identifier des cas de violation, mais surtout revendiquer et défendre leurs droits. Des actions ont été aussi menées auprès des autorités locales. Grâce à l’intervention de l’Association Professionnelle pour la Valorisation des produits Forestiers et Subsidiaires (APVPS), les terriens et chefs de quartiers de Pokola prévoient d’attribuer un terrain aux populations autochtones vivant dans la région. De plus, différentes autorités locales reconnaissent les droits fonciers coutumiers de ces populations.

En 2018, AEDH octroie un soutien financier et technique à trois nouvelles organisations locales. L’OCDH continue de suivre l’évolution de la situation des populations autochtones en opérant un suivi directement auprès des bénéficiaires autochtones. Une visite d’échange d’expérience et de partage des bonnes pratiques est également prévue entre l’OCDH et les organisations de la société civile.

*http://ocdh-brazza.org/wp-content/uploads/2017/10/Rapport-situation-population-autochtone.pdf

Elise Grieu

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