Une soirée-débat pour sensibiliser le public lyonnais

 

conf

Dans le cadre de la semaine d’échange avec cinq défenseurs des droits de l’Homme d’Afrique centrale, AEDH a organisé une soirée débat à l’Université Jean Moulin Lyon III pour sensibiliser le public lyonnais sur les enjeux de défense et de protection des droits de l’Homme en Afrique centrale. La soirée a été riche grâce à des échanges de haute qualité. Composé en majorité d’étudiants et de professionnels du milieu associatif, le public a pu, pendant près de deux heures, poser des questions aux défenseurs sur leurs engagements et les combats qu’ils mènent quotidiennement.

"On ne naît pas défenseur des droits de l’Homme, on le devient" raconte Hortense Nname de Samba Mwanas, engagée dans une association gabonaise pour la protection des enfants. Lors de son intervention, Hortense a relevé le fait que les abus et les violences sexuelles ont longtemps été un tabou en Afrique centrale. Grâce aux actions de prévention et de sensibilisation de son association, les mentalités changent progressivement. 

Le public a demandé à ces organisations de défense des droits de l’Homme, souvent stigmatisées par le pouvoir central et les autorités locales, comment elles parvenaient à financer leurs actions. Au Cameroun, Philippe Nanga d'Un Monde Avenir a raconté qu’il subissait régulièrement des représailles de la part des autorités et que le local d’Un Monde Avenir a été saccagé à deux reprises. Les subventions externes sont alors indispensables pour ces associations qui ne peuvent pas obtenir de soutien financier de l’État. Le partenariat avec AEDH est en cela très important pour ces associations qui, comme le résumait un défenseur, "vivent grâce aux financements extérieurs". Le coordinateur du ROPAGA, défenseur du droit d’association, a quant à lui mis l’accent sur la nécessité de mutualiser les ressources et les compétences entre associations d’un même réseau.  

Une étudiante s’interrogeait sur la capacité de ces "petites" organisations à mobiliser la communauté internationale sur les enjeux de défense et de protection des droits de l’Homme. Mathieu Sake, au Burundi, a évoqué notamment la collaboration avec les agences onusiennes et les missions diplomatiques.  

D’autres participants ont rappelé l’existence de mécanismes juridiques internationaux tels que le Conseil des Droits de l’Homme à Genève ou encore la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP). Pourtant, malgré la ratification des instruments juridiques internationaux par la plupart des pays d’Afrique centrale, le problème reste l’application réelle de ces lois. Lors de la soirée, il a également été question des liens entretenus entre les associations partenaires d’AEDH. En général, les associations de terrain d’une même région se connaissent, car travailler ensemble est souvent une obligation dans un contexte difficile. C’est le cas de Mathieu Sake et d'Hortense Nname qui se retrouvent lors de leurs interventions à la CADHP. Aussi, les défenseurs d’Afrique centrale se soutiennent grâce au REDHAC, le réseau des défenseurs des droits humains.
Par ailleurs, le REPONGAC est un réseau des plateformes nationales d’ONG d’Afrique centrale, dont le ROPAGA fait partie depuis un an.  

Quatre visites d'échange d'expériences ont été organisées dans le cadre du projet DEFI (les trois autres ont eu lieu en Afrique centrale sur les thèmes de la protection des LGBT, des droits des personnes détenues et de la lutte contre les violences sexuelles). Toutes ont eu pour but de permettre aux participants de profiter des expériences des uns et des autres et de renforcer mutuellement leurs capacités. De plus, une visite d’échange permet bien souvent de renforcer la collaboration entre les partenaires d’AEDH. Alors, bien que le projet DEFI s’achevait fin novembre, les défenseurs l’affirmaient : "On va continuer à collaborer".

Anne-Claire Sorne

 

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