Réseau France Colombie : lutter pour les libertés fondamentales

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Soraya est la secrétaire générale de l’association colombienne FCSPP (Fondation  des Comités de Solidarité pour les Prisonniers Politiques), créée en 1973 et l’une des plus anciennes du pays. Ses actions se concentrent essentiellement sur la défense des droits de l’Homme à travers un accompagnement juridique et une assistance aux victimes ainsi qu'à leur famille, un soutien aux personnes en détention. Elle siège au Comité National de Sécurité (www.comitedesolidaridad.com). Ancienne membre  de Sembrar, organisation partenaire d’AEDH, Soraya nous alarme sur la situation d’insécurité qui règne pour ceux qui défendent les droits de l’Homme en Colombie et de façon plus générale sur le processus de paix très incertain.

Depuis un an, près de 170 personnes, leaders  engagés dans les luttes locales, syndicales et paysanes ont été assassinés. Ces chiffres sont très préoccupants, parce qu'avec le retrait des FARC des zones qu'ils contrôlaient, les para-militaires soutenus par certains propriétaires terriens se renforcent dans tout le territoire. Ils disposent d'une grande liberté d'action compte tenu de leurs relations avec la police ou l'armée colombienne. Cela se traduit en particulier par la faiblesse des moyens engagés pour préserver la sécurité des militants engagés pour la paix et par l'absence de démarches entreprises dans la recherche de vérité sur les assassinats et la recherche des coupables. 

En réaction à ces événements, la FCSPP a organisé le lundi 12 juin une journée nationale pour les défenseurs des droits de l’Homme avec un rassemblement majeur à Bogota, devant le siège national du Ministre de la Justice pour demander plus de garanties et de moyens dans la lutte contre le terrorisme.

Soraya estime par ailleurs que l’État cherche à étouffer les manifestations pour la défense de la paix et pour la justice en Colombie en menant une répression très violente. Récemment, deux personnes sont décédées lors de ces manifestations. En ce qui concerne le processus de paix en cours, elle pointe parmi les limites actuelles la question du retour au pays des  militants qui ont fui le pays ; ainsi qu'un besoin de vérité sur les 58 000 personnes disparues depuis les années 1980, dont beaucoup sont décédées.

La lutte contre la violence et la corruption, la protection des personnes et la mise en place d'espaces d'échanges démocratiques apparaissent comme des mesures essentielles pour retrouver une forme de stabilité et de confiance en l’État et poursuivre le processus de paix.

Jean-Pierre Aldeguer

 

 

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