Congo : promouvoir les droits des peuples autochtones Pygmées

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En 2010, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones décrivait la situation économique et sociale des populations Pygmées du Congo (Brazzaville) comme "extrêmement défavorable" et s’inquiétait de "la marginalisation dont elles sont l’objet par rapport au reste de la société congolaise, en particulier s’agissant des conditions de travail, de logement, d’éducation et de santé ; d’accès à la terre et aux ressources naturelles ; de reconnaissance par l’état civil et de participation à la vie publique".

En 2011, la République du Congo faisait figure de pionnière en Afrique centrale en adoptant la première loi spécifique pour la protection des peuples autochtones Pygmées (Loi 05-2011). Cet engagement était réaffirmé en 2013 lors de l’Examen Périodique Universel du Congo devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. L’Etat congolais exprimait alors son souhait d’engager le processus de ratification de la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail relative aux peuples indigènes. Quelques années plus tard, la volonté politique affichée peine toutefois à se traduire dans les faits. Les textes d’application de la loi 05-2011 n’ont pas été signés et les discriminations à l’encontre des populations Pygmées perdurent. Ces dernières sont aujourd’hui toujours victimes d’exploitation, de spoliations, de déni de droits, et ne sont jamais consultées sur les décisions concernant leurs communautés conformément aux principes du consentement libre, informé et préalable (CLIP).

Ce constat alarme l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH), mobilisé de longue date en faveur de la promotion et de la protection des droits des peuples autochtones. Il nous a sollicité pour une collaboration autour d’un projet visant à assurer la mise en œuvre de la Loi portant sur la promotion et la protection des droits des populations autochtones au Congo. Sélectionné à l’issue d’un appel à propositions de l’Union européenne, ce projet s’attachera à assurer la défense et la promotion des droits des peuples Pygmées ; soutenir le développement d’organisations et leaders des peuples autochtones ; mobiliser l’opinion publique et encourager des changements de comportements vis-à-vis des populations Pygmées.

A travers cette action, AEDH renforce le partenariat déjà en cours avec l’OCDH dans le cadre d’un autre projet concernant la lutte contre la détention arbitraire et la torture au Congo.

Guilhem Papelard

 

 

 

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