Sénégal : Procès Hissène Habré, verdict en avril 2017

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"Historique" : c’est l’adjectif le plus fréquemment utilisé pour qualifier le procès de l’ex-dictateur Hissène Habré. Jugé par les Chambres Africaines Extraordinaires  à Dakar en mai 2016, il est condamné à la perpétuité pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, tortures et viols. Il est également condamné à verser jusqu’à 30 000 euros d’indemnités à chacune de ses victimes.

Arrivé par les armes au pouvoir, Habré dirige le Tchad d’une main de fer de 1982 à 1990 ; 40 000 personnes seraient mortes durant cette période. Renversé par son conseiller, Idriss Déby (président tchadien actuel), il fuit au Sénégal où il demeure influent jusqu’à son arrestation, après 22 ans d’exil. Ouvert en juillet 2015, son procès voit défiler des centaines de témoins et de représentants de victimes qui relateront les atrocités subies pendant la dictature.

Lors de son procès, l’ancien dirigeant refuse de s’exprimer et d’être représenté devant  une juridiction qu’il ne reconnaît pas. Les trois avocats designés pour sa défense font appel du jugement, invoquant «des vices de forme, […] des erreurs de procédure». Son procès en appel s’est ouvert le 9 janvier 2017, en son absence.

«Je n’ai aucun doute que le jugement sera confirmé. On ne peut pas violer impunément les lois internationales», déclare Souleymane Guengueng[1]. Emprisonné sous l’ère Habré et président d’une association de victimes, il fait partie du Comité International pour le Jugement Equitable de Hissène Habré, dont AEDH est membre.

Le verdict sera rendu fin avril et scellera le sort de l’ex-président.

Farah Ouertani


[1] A Dakar, procès en appel de Hissène Habré condamné pour crimes contre l’humanité - 09/01/2017, Le Monde.

 

 

 

 

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