Quatre jours d’échange d’expériences entre pairs

 

annemasse

AEDH organisait fin novembre une visite d’échange d’expériences pour clore le projet DEFI - Développer et Favoriser les Initiatives des organisations de la société civile en Afrique centrale. Ce projet visait à promouvoir et à renforcer la démocratie et le respect des droits de l’Homme dans cinq pays d’Afrique centrale : le Burundi, le Cameroun, le Congo, le Gabon et la République Démocratique du Congo. En trois ans, 22 organisations locales engagées en faveur de  la protection et la défense des droits des populations les plus vulnérables, la lutte contre les discriminations, l’accès à la justice et la lutte contre l’impunité, ont reçu un soutien financier ainsi qu’un accompagnement au renforcement de leurs capacités techniques et organisationnelles. Parmi ces 22 organisations, cinq ont participé à ce temps d’échange entre Lyon et Annemasse. Cette rencontre a bénéficié du soutien de l’Agence Française de Développement (AFD) et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Retour sur une semaine riche en rencontres.

Originaires de quatre pays d’Afrique centrale, les organisations partenaires invitées s’engagent sur des thématiques variées – défense des droits des enfants, des minorités, des migrants, défense du droit à la liberté d’association - dans une diversité de contextes. Au-delà de leurs différences, elles rencontrent toutefois des difficultés communes. Confrontées à des États ne respectant pas leurs engagements en faveur des droits de l’Homme, notamment en matière de lutte contre l’impunité, de lutte contre les discriminations et d’accès aux droits des populations vulnérables, les organisations de la société civile assument un rôle de garde-fous indispensable face à l’arbitraire des autorités, au risque d’être stigmatisées. 

Au cours de la rencontre, chacun a pu partager avec ses pairs ses pratiques et les difficultés rencontrées au quotidien. La semaine s’est ainsi articulée autour de plusieurs temps forts. Deux jours d’ateliers à la Cité de la Solidarité Internationale d’Annemasse (Haute-Savoie) ont par exemple permis d’aborder les enjeux de recherche de financement, de sécurité des défenseurs et de plaidoyer international. En matière d’accès aux financements, les organisations de la société civile d’Afrique centrale ne peuvent compter sur le soutien des collectivités locales ou de l’État. Alors que l’essentiel de leurs ressources proviennent de l’étranger, elles doivent faire beaucoup d’efforts pour capter les financements des bailleurs de fonds internationaux ; et ce au détriment des organisations émergentes ou de petite taille qui disposent d’une faible notoriété.  En terme de sécurité, les menaces auxquelles sont confrontées les défenseurs des droits de l’Homme ne cessent d’augmenter.

Nos partenaires en ont conscience car ils subissent ces menaces régulièrement et se sont échangé quelques outils et conseils pratiques pour mieux analyser les contextes ou mesurer le niveau de risque. Sur ce sujet, l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) leur a présenté les mécanismes internationaux de protection des défenseurs ainsi que des dispositifs d’urgence pour leur porter assistance lorsqu’ils sont menacés. Les discussions avec d’autres ONG internationales (Développement & Paix, Drépavie) leur ont permis d’échanger sur les différentes possibilités de plaidoyer international auprès du Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies. Enfin, sur la question de la lutte contre l’impunité, Trial International s’est appuyé sur le procès Kavumu, actuellement en cours en RDC, pour présenter ses méthodes de documentation, la définition juridique des crimes internationaux, discuter de la responsabilité pénale des auteurs…  La rencontre avec des ONG lyonnaises a représenté un autre temps fort pour ces partenaires, qui ont pu confronter leurs modes opératoires et créer de nouveaux contacts.  

Durant toute la semaine, chacun a pu échanger avec un interlocuteur régional mobilisé sur des thématiques partagées ; par exemple sur la question des réfugiés avec Forum Réfugiés – Cosi, sur la protection des droits des migrants avec La Cimade ou encore l’accompagnement des ONG avec la Cité de la Solidarité Internationale. Sans vouloir préjuger de l’avenir, de telles mises en relation suscitées par AEDH pourraient conduire à de nouvelles initiatives, à l’instar de la collaboration entre FDAPID et le Secours Populaire du Rhône engagée depuis deux ans.

Anne-Claire Sorne

 

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