Mauritanie : Vague de représsion contre les membres de l'IRA-Mauritanie : protestations unanimes

 2016 10 IRA Mauritanie

Les autorités mauritaniennes ont déclenché une nouvelle offensive judiciaire contre le mouvement antiesclavagiste : IRA-Mauritanie. A l’issue d’un simulacre de procès et sans aucune base légale, la Cour criminelle de Nouakchott a condamné le 18 août treize militants de l’IRA à des peines allant de 3 à 15 ans de prison pour « rébellion, usage de la violence, attaque contre les pouvoirs publics, attroupement armé et appartenance à une organisation non reconnue ».

Ces condamnations font suite à une manifestation le 29 juin d’habitants d’un bidonville de Nouakchott menacés d’expulsion et d’affrontements violents avec la police. Suite à ces événements, treize militants de l’IRA sont arrêtés. Aucun d’entre eux n’était impliqué dans cette manifestation. Les autorités mauritaniennes les considèrent toutefois comme responsables des événements. Leur garde à vue dure plus d’une semaine pendant laquelle ils ne sont pas autorisés à recevoir de visites de leurs proches, d’avocats ou de médecins. Six d’entre eux ont déclaré avoir été torturés. Aucune enquête n’a par la suite été ouverte pour vérifier ces allégations.

Leur condamnation à des peines lourdes illustrent à nouveau l’acharnement des autorités mauritaniennes face à une association structurée et militante fondée en 2008 mais dont le statut officiel n’a toujours pas été reconnu. Ce jugement intervient trois mois après la libération du président et du viceprésident de l’IRA-Mauritanie, qui avaient été arrêtés en novembre 201 4 lors d’une marche pacifique pour dénoncer les conséquences de l’esclavage.

Nombreuses ont été les organisations mauritaniennes et internationales à protester contre ces condamnations iniques. Sur un plan diplomatique, la Délégation de l’Union européenne en République Islamique de Mauritanie a exprimé ses préoccupations sur « les allégations crédibles de graves violations des procédures judiciaires, aussi bien dans le cadre de la législation mauritanienne que de la Convention Internationale contre la Torture, à laquelle la Mauritanie a adhéré » et demandé « aux autorités mauritaniennes une enquête approfondie et urgente sur ces questions, y compris les allégations de torture ».

Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme a exprimé ses protestations par un courrier adressé au Président mauritanien dans lequel elle déplore ces répressions et intimidations à l’encontre de militants mobilisés contre des pratiques esclavagistes et pour la défense des droits humains.


Guilhem Papelard

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Toutes les actualités