Procès Hissène Habré : après les plaidoiries, les victimes attendent le verdict

photo HH

« Est-ce que vous imaginez qu’il faut onze heures pour rentrer les victimes d’Hissène Habré dans cette salle ? Il faut 133 salles comme celle-ci, à raison de 300 prisonniers : femmes, enfants, petits, grands, hommes, vieillards ! Ce n’est pas un carnage, c’est une litanie. Monsieur Hissène Habré, il gigote, mais il se tait. Hissène Habré a choisi un style de défense, l’aveu béant de ses crimes. ». C’est le discours accusateur qu’a tenu l’un des avocats des parties civiles devant les Chambres africaines extraordinaires, le 8 février à Dakar, à l’occasion de la reprise du procès Hissène Habré, ex-chef de l’Etat du Tchad jugé pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et actes de tortures.

Hissène Habré est resté impassible face aux accusations proférées à son encontre lors des plaidoiries. Il n’a pas souhaité s’exprimer et ses avocats ont refusé de plaider contestant la légitimité de la Cour. Ce sont par conséquent des avocats commis d’office qui ont défendu M. Habré. Ceux-ci ont notamment démenti les accusations d’attaques menées dans le sud du pays arguant qu’il s’agissait de « restaurer la souveraineté tchadienne dans le Sud » et ont également justifié la création de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), organe de la répression, comme étant un outil indispensable à la régulation des problèmes d’instabilité du pays.

Les procureurs du Parquet général ont considéré que la culpabilité de l’accusé était avérée au regard des faits établis. Le procureur général, Mbacke Fall, a requis la perpétuité contre l'ancien chef d'Etat tchadien assortie de la saisie de ses biens. M. Fall a justifié ses réquisitions en affirmant qu’ « Hissène Habré mérite une condamnation à la hauteur des crimes dont il est déclaré coupable. Sa position d’autorité suprême face à la vulnérabilité des victimes qu’il avait la charge constitutionnelle de protéger fait qu’il ne peut pas bénéficier de circonstances atténuantes ». Les réquisitions du Parquet ont été largement saluées par les parties civiles et les victimes.

 

« Nous sommes satisfaits à l’idée que sa prison ne sera pas un sordide cachot, comme les prisons dans lesquelles nous avons été forcés de pourrir. Nous cherchons la justice, pas la vengeance. », a déclaré Souleymane Guengueng, fondateur de l’association de victimes et de survivants du régime Habré.

Les plaidoiries ont pris fin le 11 février pour laisser place aux délibérations. Le verdict de ce procès historique sera prononcé fin mai.

 

 

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