Le Fonds d’urgence pour les défenseurs a « fêté » 15 ans d’existence

2014 06 15 ans Fonds urgenceEn 1999, le Conseil d’administration d’AEDH décidait de mettre en place un « Fonds d’urgence pour les défenseurs des droits de l’Homme en danger ». Il s’agissait pour notre organisation de se donner les moyens de venir en aide - rapidement et concrètement - à des hommes et des femmes qui nous lançaient un appel au secours et dont la liberté, la sécurité ou même la vie, étaient menacées du fait de leur engagement pour les droits de l’Homme.

Entre 1999 et fin 2013, le Fonds d’urgence est venu en aide à 444 défenseur(e)s, soit plus de 1000 personnes en incluant les membres de leurs familles. Le montant total d’aide directe aux victimes prises en charge dépasse 425 000 euros. Depuis sa création, le Fonds d’urgence est intervenu dans 21 pays différents.
 
L'année 2013 a confirmé l’accroissement important des activités du Fonds d'urgence déjà noté l’année précédente : 73 défenseurs (25 femmes, 48 hommes) ont été assistés, soit plus du double qu’en 2010. Le nombre de bénéficiaires de l'aide du Fonds d'urgence - en tenant compte des membres des familles des défenseurs - s'élève à 187 personnes.  
Le Fonds d’urgence est intervenu dans 6 pays : la République Démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Gabon, la Colombie, la Chine et le Cameroun.
Le budget total d’aide directe attribuée aux défenseurs a été d’un peu plus de 70 000 euros.

Chaque défenseur en danger ne nécessite ni ne sollicite le même type d'assistance. Il peut s’agir d’une mise en sécurité ; d’une aide de subsistance ; d’une assistance médicale ou judiciaire ; d’une aide à l'exil ; d’une intervention de plaidoyer etc. Un même défenseur en danger justifie souvent plusieurs types d'intervention. En 2013, la prise en charge des défenseurs a donné lieu à 102 interventions différentes, pour une grande part des mises en sécurité et des aides de subsistance pour permettre au défenseur - et le cas échéant à sa famille - de survivre pendant la période où il a dû s’éloigner de la zone de danger.

Le Fonds d’urgence a été particulièrement mobilisé pour venir au secours des militants et militantes en République Démocratique du Congo (RDC). 2013 a été une année particulièrement terrible à l’Est de la RDC, avec l’intensification du conflit armé et une multiplication des atteintes contre les défenseurs des droits de l’Homme du Nord et Sud Kivu, gravement menacés ou maltraités tant par les agents de l’autorité régulière que par des membres des nombreuses milices armées qui ravagent la région. Les femmes engagées pour la défense des droits humains dans l’Est de la RDC sont fréquemment visées et sont la cible d’atteintes d’une violence indicible.

Notre Fonds d’urgence pour les défenseurs en danger ne pourrait pas fonctionner sans le concours de nos partenaires et contacts sur le terrain. Ils nous permettent de vérifier que le cas qui est soumis au Fonds d'urgence entre dans ses critères d’intervention et que les informations transmises sont réelles et fondées. Toute décision d’engagement du Fonds d’urgence est précédée d’une phase « d’enquête » que nous nous efforçons de mener avec toute la rigueur et la célérité possibles.

Le Fonds d’urgence est redevable également aux organisations et institutions qui contribuent à son financement. En 2013, l’Union européenne (IEDDH - Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme), l’Organisation Mondiale contre la Torture, le Secours Populaire Français (Fédération du Rhône) et la Fondation « Un Monde par Tous » ont apporté un précieux concours au Fonds d’urgence.

Mais c’est avant tout aux défenseurs et défenseures des droits de l’Homme, qui acceptent de prendre des risques personnels considérables, que va notre reconnaissance. Puisse notre Fonds d’urgence continuer à les secourir face au danger et contribuer à soutenir leur courage et leur détermination dans leur combat pour le respect des droits et de la dignité des populations de leur pays.

Véronique Rouault

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